Personne ne s’attendait à ce que la banque du lion d’or ait un pied dans le digital dès 2005. Pourtant, e.LCL, la déclinaison en ligne du Crédit Lyonnais, s’est imposée sur le marché avec une offre qui tranche avec celle de ses cousins 100% numériques. Plus autonome, un brin plus flexible, mais pas tout à fait aussi économique que certains le souhaiteraient. Alors, que vaut vraiment la version en ligne de LCL face à la concurrence féroce des néobanques et des pure players ?
E.LCL, la vitrine numérique du LCL
Les grandes banques historiques n’ont pas perdu de temps pour se lancer sur la voie numérique. Société Générale a pris le virage avec Boursorama Bank, Crédit Mutuel Arkéa a misé sur Fortuneo, BNP Paribas avance ses pions avec Hello bank… et dans son sillage, le Crédit Lyonnais façonne e.LCL. Pourtant, cette version digitale du LCL s’éloigne des codes des banques 100% en ligne actuelles.
Ce qui définit e.LCL, ce n’est pas l’indépendance. Cette agence virtuelle reste dans l’ombre et la structure du LCL traditionnel. Là où Boursorama trace sa route à part, e.LCL s’ancre dans le giron de sa maison-mère. Les clients peuvent toujours déposer un chèque en agence, mais les interactions passent obligatoirement par le téléphone ou le mail. Terminé les rendez-vous classiques. Le tableau est clair : une gestion entièrement digitalisée, pensée pour plus d’autonomie au quotidien.
Mais le vrai point de rupture, c’est sur la question tarifaire. Les acteurs exclusivement en ligne bousculent tout avec leurs offres gratuites ou quasi gratuites. De son côté, e.LCL conserve des prix calqués sur ceux du LCL historique. Autrement dit, le bénéfice côté portefeuille ne saute pas aux yeux.
Tarifs : l’écart minime entre e.LCL et LCL
Des frais presque jumeaux
Ouvrir un compte chez e.LCL ne changera pas vraiment la donne sur vos relevés bancaires… ou presque. Les tarifs sont, pour la plupart, identiques à ceux pratiqués en agence, à l’exception notable des frais de gestion du compte courant, qui sont supprimés en ligne. Pour tout le reste, pas de dépaysement : les prix suivent la même logique.
| E.LCL | LCL | |
|---|---|---|
| Maintenance de compte | gratuits | |
| Visa classique | 45 €/an | 45 €/an |
| Visa Premier | 142,80 €/142,80 €/a | |
| Frais de retrait dans un autre distributeur | 1,05 € par retrait au bout du 4ème retrait/mois | 1,05 € par retrait au bout du 4ème retrait/mois |
| Virements occasionnels | En ligne : gratuite | En agence : 4,80 € |
| Commission d’intervention | 8 € (80 € maximum /mois) | 8 € (80 € maximum/mois) |
| Alertes SMS | 16,80 €/16,80 €/an | |
| Assurance | 34,80 € | 34,80 € |
Ce qui ressort de ce tableau ? Seule la tenue de compte se distingue réellement : elle est offerte sur e.LCL alors qu’elle reste facturée côté agences traditionnelles. Un client avec une carte bancaire basique débourse 45 € par an, en évitant les éventuels 24 € facturés ailleurs pour la gestion. Mais ce coup de pouce, honnêtement, fait pâle figure face à la gratuité revendiquée par les pure players.
Au fond, e.LCL opte pour la stabilité : services identiques, grille de prix quasi inchangée, seul le mode de contact évolue vers une dimension totalement digitale. À la clé, un espace client accessible à tout moment, mais peu de concessions sur les tarifs.
LCL à la carte : des remises, mais pas d’avantage exclusif
Avec l’offre « LCL à la carte », la banque propose d’adapter son compte en combinant plusieurs services ou produits. La logique : plus on en prend, plus la remise grimpe. Sauf que là non plus, e.LCL ne propose aucune faveur supplémentaire. La mécanique, en ligne ou en agence, reste exactement la même.
Voici la gradation appliquée selon le nombre de services souscrits :
- 1 service ou produit : 3 % de réduction
- 2 services ou produits : 6 % de réduction
- 3 services ou produits : 9 % de réduction
- 4 services/produits (ou plus) : 12 % de réduction
La remise porte sur la totalité de la facture mensuelle, à l’exception de la gestion de compte courant. Ceux qui pensaient que la banque numérique permettrait d’aller plus loin en matière d’avantages seront déçus : la mutation ne va pas jusqu’à la tarification.
Passer de LCL à e.LCL : simplicité et continuité
Ce qui distingue le passage de LCL à e.LCL, c’est la continuité assurée. On bascule de l’agence au digital sans perdre le fil : numéro de compte inchangé, même RIB, chéquier préservé, services conservés. L’expérience utilisateur reste la même, seuls les canaux de contact changent. On évite ainsi les démarches longues et contraignantes souvent liées au changement d’établissement.
Ce modèle s’inspire de ce que d’autres établissements pratiquent déjà. Il existe des banques en ligne qui proposent ce transfert « sans couture », le client gardant son RIB, son numéro de compte et l’intégralité de ses services. Une différence majeure persiste tout de même : chez certains concurrents, cette version en ligne affiche la gratuité, tandis que chez e.LCL, les frais persistent.
Face aux pure players : e.LCL tient-elle la distance ?
Le constat, face aux vrais pure players du marché, est sans appel. Les établissements 100% en ligne comme Boursorama Bank ou Monabanq ont redessiné la carte bancaire avec leurs prix imbattables et une expérience entièrement à distance. Monabanq propose l’ensemble de ses services pour 24 € par an, et Boursorama va jusqu’à la gratuité sous conditions bien précises.
À côté, la carte Visa Cleo de e.LCL à 45 € ne fait pas le poids. Certes, chaque banque en ligne s’adresse à un public qui lui correspond, avec des conditions différentes selon le profil : revenu exigé, utilisation minimale, gamme de prestations… Pour mieux s’y retrouver, regardons comment se place chaque acteur en fonction du profil client :
| Votre profil | Banque | Points positifs | Inconvénients | |
|---|---|---|---|---|
| Revenu inférieur à 1 000 € | Monabanq | – Aucune exigence de revenu- Faible taux de découvert- Excellente relation client- Carte de crédit payable : 24 €/an | ||
| À partir de 1 000 € | Boursorama | – Taux très bas- Carte de crédit gratuite- 1 million de clients | – Brochure Pas de jeune- Carte Premier à partir de 1800 € | |
| Hello bank | – Possibilité de se rendre dans une agence- Accessible à partir de 1000 € | – Carte Premier à partir de 1 800 €- Taux de découvert élevé | ||
| Plus de 1 200 € | ING Direct | – Carte Gold gratuite- 1 million de clients- Crédit immobilier disponible- Versement de 1 200 € par mois sur le compte obligatoire |
Pas de trace de e.LCL dans ce panorama. Des prix jugés trop élevés la tiennent à l’écart du podium, quelle que soit la situation ou l’attente du client en face. Ce simple fait résume à sa manière la transformation profonde du paysage bancaire ces dernières années.
Reste donc un constat sans détours : la version numérique du Crédit Lyonnais joue la carte de l’expérience solide et de la sécurité du groupe, sans basculer franchement dans la nouvelle donne tarifaire. Le pari d’un meilleur équilibre prix-valeur, chez e.LCL, attend encore sa révolution. Le mouvement est amorcé, mais tout reste à imaginer pour que la banque numérique du LCL devienne une véritable alternative.


